Long time no see.
Me voilà de retour 5 mois après un premier billet, personne n’a jamais dis que la rythme de parution serait régulier pour autant ça fait quand même un paye.
Je commence à écrire ces lignes avec quelques idées en tête sans avoir de fil conducteur, sans vraiment savoir où cela pourra bien mener mais je pense séparer tout ça en deux chapitres distincts qui seront quand même liés d’une certaine manière.
Comment j’en suis arrivé à être derrière mon clavier des mois après ? Une seule phrase.
Remettons un peu de contexte. Il doit être plus ou moins 2 heures du matin, je suis sur un balcon en train de fumer avec une amie proche de la mère de ma filleule. Nous avons passer la journée tous ensemble pour le premier anniversaire de la petite. Nous discutons, elle me parle d’elle, puis d’un coup elle se tourne vers moi, grave et me demande :
« Pourquoi t’es seul ? »
La question est inattendue et me glace le sang, j’ai la sensation d’une lame qui se plante dans mon thorax. Elle est si précise et juste. A ce moment précis des milliers de réponses me viennent en tête. Je n’ai vu cette fille que 3 ou 4 fois, le tout étalé sur les 3 dernières années et là voilà qui me pose la question.
Bien qu’étant une amie proche des mes amis, elle reste pour moi une quasi inconnue. Pour autant, sans que je sache pourquoi, mon instinct me dit de lui répondre. Des amis m’ont déjà poser des questions assez similaires et j’ai toujours trouver des excuses pour leur répondre. Je ne mens jamais, je réponds toujours mais les questions que l’on m’a posées jusqu’ici n’avait ni la justesse ni le tact de celle-ci.
J’essaye alors de bafouiller quelques mots pour gagner du temps et organiser un temps soit peu mes idées avant de lui répondre. Je sais que cela va prendre du temps, mais ne pense pas que cela à l’air d’être un problème pour elle a cet instant. Alors que je m’apprête a me lancer voilà quelqu’un qui se joint à nous sur le balcon, cette question restera donc sans réponse pour elle.
Voilà le pourquoi de cet article, bien qu’elle ne lira jamais ce texte, j’ai besoin de parler du sujet principal répondant à cette question qui résonne dans ma tête à chaque seconde depuis ce moment.
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| Jour de pluie pas vraiment heureux – 2019 (Photo personnelle) |
Je ne vais pas bien, je vais mieux qu’avant mais je ne suis pas guéri.
Tout à commencer à la sortie de mes études, une dette à rembourser et une vie professionnelle qui ne démarre pas malgré un diplôme qualifiant. Alors pendant que mes amis sont au travail ou à l’école, je suis chez moi, seul à attendre que la journée passe. J’envoie quelques CV par-ci par-là mais la chose que j’attends le plus est la soirée pour retrouver des copains et respirer un peu.
Le temps passe, rien n’avance. Les copains travaillent et sont fatigués, je les vois moins, certains déménagent. On avance encore, le week-end qui était une bouée fini par ne plus en être une. Il devient de plus en plus difficile de faire comme les autres, je ne gagne pas un centime alors les sorties c’est difficile.
Je suis enfant unique, j’ai grandi seul alors la solitude je connais, ça ne me dérange pas plus que ça, je sais m’en accommoder et durant ma scolarité, « couper de l’extérieur » à souvent été un moyen de me revitaliser.
Mais là c’est différent, celle-ci n’est pas voulue, elle est subie. Je glisse peu à peu mais je ne m’en rend pas compte. J’ai vécu au chômage pendant un peu plus de deux ans et avec un petit boulot durant la saison estivale qui me permettait paradoxalement de souffler un peu mais à chaque automne le retour à la réalité était brutal.
A la fin de la seconde saison d’été j’ai pris conscience que quelque chose clochait d’un part et que tout cela n’était pas récent du tout. Que c’était simplement masqué par un tas d’autres choses.
Je me suis tout à coup aperçu que j’étais dans ce que j’appelle « l’escalier ».
Cet escalier que je me représente mentalement, vous n’en avez pas chez vous, que vous viviez dans une maison ou dans un immeuble. Vous en trouverez parfois dans certains lieux publics, places, etc.
Sa pente n’est pas très inclinée, ses marches sont très larges, vous avez la possibilité de faire quelques pas avant de descendre la suivante. A vrai dire il est même possible que vous ne preniez pas conscience que vous êtes en train de le dévaler.
J’ai ouvert les yeux et je vois que j’ai descendu un paquet de marches, je ne vois plus ce qu’il se passe en haut mais une partie de moi se rend également compte que je ne vois pas ce qu’il se passe plus bas.
Il y a des jours où ça peut aller et d’autres où je me sens carrément à la ramasse dès le réveil, une réelle sensation physique de poids sur les épaules. Lors de mes sorties nocturnes en solitaires, il commence à m’arriver de pleurer en étant assis sur des marches ou un banc ou lieu de visionner des vidéos sur Internet.
Je commence à faire de plus en plus de cauchemars, je me réveille parfois en sanglots avec l’esprit totalement vif et face à une peur inconnue.
J’envoie un message à une amie que je vois assez souvent en lui disant que ça ne va pas et que j’aimerais en parler. Elle me répond qu’on se voir le week-end qui arrive. Pourtant une fois face à elle rien ne sort.
Quelques semaines plus tard, je lui envoie un nouveau message, même réponse, même histoire à la fin.
Ça ne va pas, je le sais mais je suis incapable d’en parler. Cela me soulagerais très certainement un peu mais j’en suis physiquement pas capable.
Viens alors un nouvel évènement qui se greffe par dessus, c’est mon anniversaire. Parmi les vœux que je reçois, ceux d’une amie que je n’ai pas vue depuis plus d’un an et demi. Elle me propose d’aller boire une bière dans les jours qui suivent pour fêter ça car elle est revenue dans la région. Cela me fait plaisir et j’accepte.
Selon des chiffres du Ministère de la Santé publiés en 2023, 1/5 des français seraient atteint de maladies mentales et de troubles psychiques, soit 13 millions de personnes. Au cour de leurs vies, c’est 15 à 20 % de nos concitoyens qui seraient touchés par la dépression dans des formes plus ou moins graves.
Le suicide est la première cause de mortalités chez les jeunes et c’est au global plus de 200 000 tentatives qui sont enregistrées chaque années.
Ces chiffres ont augmentés notamment chez les jeunes, les personnes vivant seules et celles vivant dans la précarité ou dans un environnement qui n’est pas stable et ce en particulier durant la crise Covid qui a favoriser l’isolement des ces catégories.
Les chiffre d’Ameli indiquent une augmentation de 36% d’épisodes dépressifs chez les jeunes sur le période 2017-2021. L’OMS indique de son côté une augmentation de 50% des personnes touchées par des épisodes de dépression/anxiété sur une période allant de 1990 à 2013.
Si l’on cumule tous ses chiffres, l’explosion du nombre de cas sur 3 décennies est spectaculaire.
Il est également vrai qu’au fil des années les troubles psy sont devenus moins tabous et que leur diagnostic se fait plus facilement qu’il ne l’était encore il y 10, 20 ou 30 ans.
N’oubliez jamais : C’est OK de ne pas être OK
Ne pas se sentir bien, traverser une mauvaise période, plus ou moins longue peut arriver à tout un chacun. Si vous en ressentez le besoin, faites vous aider. Je n’ai jamais consulté malgré les nombreuses périodes de bas que j’ai traverser ces 10 ou 15 dernières années. Est-ce que j’aurais du ? Très certainement à n’en pas douter. J’ai toujours été pudique quant à mes problèmes, quels qu’ils soient et j’ai vraiment du mal à m’imaginer cracher tout ce que j’ai sur le cœur à quelqu’un, que ce soit un ami ou un professionnel de santé.
Il existe une réelle pression sociale à aller bien. Lorsque l’on vous demande si ça vous allez bien, avez-vous déjà répondu autre chose que « Ça va » oui « Oui » ? Il m’arrive parfois de répondre « Ça peut aller » * et croyez moi l’effet et toujours garanti sur la personne en face qui ne sait plus trop quoi dire, alors qu’en serait-il à l’annonce d’une réponse négative ?
* Uniquement à des personnes que je connais un minimum afin de nuancer le fait que tout ne roule pas comme il faut, je ne suis pas complément sadique non plus
Je reviendrai très vite pour un nouveau billet sur un nouveau sujet intimement lié à celui-ci et d’ici-là :
Prenez soin de vous, vous n’êtes pas seuls.
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